LOOC – TABLAS ISLAND - Mardi 13 novembre –13h30
« Il faut regarder les infos pour savoir si c’est un typhon ! » Voilà avec quels mots la charmante préposée de l’office du tourisme a répondu à ma question sur la météo.
Je me suis réveillé sous la pluie.
J’ai parcouru les 2 kilomètres qui me séparait de la route et des jeepney en m’abritant d’arbres en arbres, de maisons en maisons, de sari-sari en sari-sari. Sur Tablas Islande c’était pire encore, une pluie torrentiel pendant les trois heures de jeepney, serrés les uns contre les autres à maintenir les joues en plastiques déchirées en place pour essayer de se maintenir au sec. Solidarité de circonstance.
Mon bateau pour Boracay part demain à 9h. Deux jours après je rejoins Kalibo sur Panay Island puis Manille par avion. J’aurais aimé continuer jusqu'à Cebu mais je n’ai plus le temps. J’aurais pu sans typhon. J’aurais pu normalement, mais ici normalement ne veut pas dire grand chose. Ca veut dire peut-être, Maybe pour parler local.
Si c’est un typhon, je ne serais jamais à Manille pour accueillir Guillaume. Ils sortiront avec Boris. Je ne m'en fais pas pour eux. Je m'en fais pour moi.
Contrairement à mon hôtel de Roxas qui était en béton ou au luxe d’hier, ici je suis dans un cabanon en palmes sur un matelas en paille.
Pas de vent, pourvu que ça n’empire pas.
Je réfléchis depuis une semaine au trajet que l'on va faire avec Guillaume. Si les Jeepney vont l'amuser, les nuits dans les cahuttes en palme, les repas hasardeux avec un sac sur le dos, beaucoup moins. Ce qui est sur c'est que je n'ai pas envie de passer 10 jours sur une plage. Ça me plait décidément beaucoup de bouger.
LOOC -TABLAS ISLAND -Mardi 14 novembre -7h30
La matinée va être chargée. 9h30: Bateau pour Boracay, trouver un mail, trouver un avion. Si j'ai le temps avant mon avion; plus de 2 jours, je reste une nuit à Boracay sinon je repart pour Kalibo et son aéroport. Maintenant il y a le paramètre Philippin qui va encore tout foutre en l'air. Wait and see. J'ai envie de massage.
BORACAY – Mercredi 14 novembre - 21h
Tout va bien. Vendredi 11h25, décollage de Kalibo. Je reste donc deux jours sur l’île « paradisiaque » Boracay. Pourquoi paradisiaque ? Parce que l’on est sensé trouvé tout ce qui fait le bonheur d’un touriste occidental. Ca pourrait s’appelle Cancun ou Varadero, Ibiscus Island ou plus surement Tropical Germany. S’il fait beau demain je reste une nuit de plus. S'il pleut (le trajet s’est fait en pleine tempête et il pleut depuis 7 heures sans interruption) j’irais me faire masser, acheter 2 ou 3 cadeaux puis départ pour Kalibo. Les gros Allemands c’est déjà pas drôle alors sous la pluie c’est à se pendre.
BORACAY – Jeudi 15 novembre – 16h30
J’ai déménagé.
Boracay est une longue plage de sable blanc immaculé de 7km de long. J’ai changé de côté. Plus paisible, moins de rabatteurs, moins de monde. Après 10 jours dans des trous perdus, au calme, C’était trop d’agitation, trop de monde, trop de bars.
J’ai trouvé un bungalow pourri et ça va mieux.
C’est consternant de voire le nombre de vieux, de moches et de handicapés sociaux avec de jeunes philippines. Hier j’ai dîner dans un restau suisse, au pied de mon hôtel, pas par gout mais à cause de la pluie.
Un restaurant suisse, peuplé de gros suisse assis au bar, draguant les jeunes serveuses en mangeant des saucisses et en reluquant par la fenêtre le karaoké à pute voisin. Un peu de courage les gars. Haut les cœurs. Tout le monde sait que vous etes là pour les putes, inutile de faire semblant d’être là pour la cuisine suisse et MTV. On lève son gros cul, on lèche le gras des saucisses sur ses gros doigt et on va demander à la gamine de 16ans d’aller faire un tour et on arrête de se cacher derrière sa serviette en papier.
Je déteste cette île. Je suis content de rentrer à Manille et voire mes amis.
KALIBO AIRPORT – PANAY ISLAND – Vendredi 16 novembre –9h30
Le réveil fût difficile à 6h. Pas pour les 6 heures mais pour les litres de bière bus hier soir.
D’abord une rencontre pour me convaincre définitivement que je déteste Boracay. Deux suédois, dont un dont le père lui envoie de l’argent tous les mois pour qu’il ne rentre pas en Europe m’ont généreusement conseillé un itinéraire comprenant tous les sites les plus touristique avec chapeau de pailles et filles faciles. J’ai beau avoir essayé de remonter le niveau. J’étais prisonnier de l’île des Lotophages dans une débauche de bière, de buddy et de tapes dans le dos. Dégoutant.
Juste avant d’aller me couché, convaincu que cet endroit était définitivement perdu, je décide à aller dire bonsoir à des amis de Boris qui tiennent un restaurant à la « bonne » extrémité de la plage et qui m’ont prêté un parapluie l’après midi.
Et là le miracle c’est produit. Pour me prouver que j’avais tort avec mes idées préconçues, que tout n’est pas blanc ou noir, je discute pendant deux heures avec un peintre philippin qui a vécu à Paris, On parle de tout, on refait le monde, en français, en anglais, on mélange les langues autant que les alcools. Et là je regrette de partir si tôt le lendemain, de partir sans voire son travail mais finalement heureux d’avoir trouvé cette autre facette de l’ile.
Maintenant je suis à l’aéroport. Je vais embarquer. Retourner parmi mes amis dans un monde familier en attendant le prochain voyage.
FIN.